Crypto-généalogie

Ippolita

Thématique
Enjeux du Libre
Niveau
Intermédiaire
Horaire
samedi 15 nov, 17:00 – 17:50
Salle
A001 - Enjeux du Libre

Description

Insider Liberties: Crypto-Genalogya

Nous allons esquisser la généalogie des concepts de liberté du cypherpunks (1990) à WikiLeaks et au-delà, à travers l'analyse de ses implémentations techniques. Notre point d'entrée sera la cryptographie, concept-clé afin de promouvoir et défendre, les libertés. Comprendre la généalogie signifie raconter notre histoire, pour imaginer l'avenir.

Description détaillée

Méthodes de généalogie technique: le cas de la cryptographie

pourquoi creuser dans la généalogie? mots en relation et / ou de la même famille: la génétique; les parents (en italien, « genitori »); générer; génération; les gens ... esquisser la généalogie d'une technique que nous utilisons, que peut-être nous voudrions diffuser, cela signifie donc comprendre d'où nous venons, en racontant notre histoire.

Le projet plus vaste serait de soumettre plusieurs expressions et mots communs à cette méthode d'analyse, ces mots qui ont subi ou sont en train de subir des formes d'expropriation cognitive, ainsi qu'ils ne sont plus à nous, mais la prérogative de quelques uns qui en tirent profit (voir la rubrique « open source », « décentralisation », « mettre en réseau » etc ..). Le cadre plus large est celui des différents généalogies de la notion de liberté et de ses implémentations techniques, à partir du mouvement cypherpunks (années 1990) jusqu'à Wikileaks et au-delà. La cryptographie est encore aujourd'hui le concept technique clé (qui s'incarne en pratiques) qui vise à promouvoir et défendre la liberté : cela en fait un bon point d’entrée dans le réseau.

Tout le monde peut utiliser la méthode généalogique : nous n'utiliserons que des archives (Foucault, 1969), mais rien de secret : seulement les documents publiés et largement disponibles sur le web. Nous n'avons aucune information « de l'intérieur », aucun leak, aucune information top secret à rendre publique. Et pourtant nous faisons partie de la méthode généalogique parce que nous faisons partie de cette histoire, nous ne sommes pas étrangers à la cryptographie, nous sommes impliqués dans la construction des mondes numériques de bien avant l'apparition du Web. Il s'agit de jeter de points de repères d'une histoire des événements, des discontinuités, de ces petits changements techniques qui accompagnent l'émergence d'une idée. Il s'agit d'identifier les points de rupture, d'agencement et d'articulation des ces émergences, et surtout les relations de pouvoir qu'elles impliquent. L'idée de généalogie la technique est donc très simple : définir un ensemble de données (archives publiques) et agir comme des filtres humains pour reconstruire un compte rendu fiable dans un délai raisonnable. Un compte rendu de « comment les choses se sont passées » à notre avis, et non pas selon une soi-disant vérité objective servi par des algorithmes que nous ne contrôlons pas, mais que nous nourrissons avec notre confiance quotidienne dans filtres des patrons numériques.

Intervenant(es)

Ippolita

Ippolita est un collective de recherche. Ses écritures conviviales racontent l'informatique de la domination. En tant qu'auteur héteronime, ses publications majeures en français sont: "Le Côté obscur de Google" (2009, 2011) et "J’aime pas Facebook" (2012). Ils proposent également des formations sur l'autodefense numérique et la validation des sources en ligne pour groupes d'affinités, associations, universitées. http://ippolita.net

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